Association "Parents citoyens" pour le droit d'accès à un lycée de proximité à Paris

07 juillet 2017

Affectations AFFELNET 2017, une contrainte acceptée ?

Comme chaque année, nous avons interrogé les élèves du collège Charlemagne sur leur affectation AFFELNET. Le détail de l’enquête est consultable au bout de ce lien Analyse_affectation_AFFELNET_2017. Les principaux enseignements sont les suivants.

Si les affectations des élèves ayant 16 ou plus de moyenne semblent s’opérer de manière relativement rationnelle, il n’en va pas de même pour les élèves du collège Charlemagne dont les moyennes se situent aux alentours de 15/20.

L’effet « loterie » se renouvelle pour la troisième année consécutive ce qui laisse penser que les résultats de l’utilisation de l’algorithme AFFELNET n’ont pas gagné en rationalité en dépit des réformes engagées cette année et que les « arrangements » avant publication perdurent.

Éléments d’illustration : sur les 22 élèves concernés, cinq ont eu leur 1er choix (Charlemagne, Sophie Germain) six ont obtenu un 5e choix voir plus (Maurice Ravel, Simone Weil, Paul Valéry).

 

Cette année, il semble que les élèves boursiers n’obtiennent plus systématiquement leur 1er choix comme ce fut le cas par le passé.

Eléments d’illustration : des élèves ont obtenu leur 2e, 4e ou 6e choix.

Cette année, la contrainte AFFELNET a été encore plus intégrée. Les collégiens semblent avoir pour certains renoncé à poursuivre leur scolarité au Lycée Charlemagne. Un phénomène d’auto-censure semble apparaître avec ce renoncement. Principe de réalité ? Crainte d’être déçu ? Baisse d’attractivité du Lycée Charlemagne auprès de ses collégiens ?

Éléments d’illustration : seuls 23 élèves du collège Charlemagne ont positionné le Lycée Charlemagne en 1er vœu contre 36 l’année dernière.

 

La grande majorité des collégiens de Charlemagne quitte leur quartier pour une affectation en classe de seconde dans un lycée plus éloigné.

Éléments d’illustration : un peu plus d’un quart des élèves du collège (contre un tiers en 2016) est affecté à proximité du collège : lycées Charlemagne, Sophie Germain ou Victor Hugo.

S'il y a moins de déçus cette année, c'est aussi parce que les collégiens et leurs parents ont intégré les contraintes du système. L'accompagnement du corps enseignant et les analyses que nous publions chaque année y ont sans doute contribué.
Pourtant l'opacité du système demeure. Elle permet de réguler les affectations sans concertation. Certaines bizarreries le montrent.

Diffusez, diffusons !
Ne subissons plus, agissons !

Posté par parentscitoyens à 20:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


26 mars 2017

AFFELNET 2017, on en parle on en parle, mais toujours rien d'officiel

Bien que la version 2017 d’AFFELNET à Paris ne soit pas encore officiellement connue, Le Monde et la FCPE nous livrent quelques éléments intéressants.

Cette semaine, Le Monde publie un long article qui replace bien le sujet et rappelle clairement les différents enjeux :

  • l’ambiance de classe prépa entre les élèves de troisième,
  • la question du socle commun et des notes scolaire pour évaluer les élèves,
  • l’absence de transparence annoncée sur les modalités d’évaluation et le risque de tirage au sort en cas d’égalité,
  • la question récurrente de l’équilibre entre mixité sociale et la mixité scolaire,
  • le déséquilibre entre le nombre de places offertes en classe de seconde et la demande,
  • l’absence de véritable décision politique, celle-ci se réfugiant derrière l’utilisation de l’algorithme.

A noter : un point précis proposé par Le Monde sur le fonctionnement d’AFFELNET en dehors de Paris. Avec en toile de fond la « spécificité » parisienne et notamment ses districts qui cassent les bassins géographiques d’affectation des élèves alors qu’ailleurs en France tout se déroule sereinement.

Le Collectif des Parents de l’Est Parisien est une nouvelle fois cité ainsi que ses informations rassemblées patiemment.

 

De son côté, la FCPE Paris propose un compte-rendu de la dernière réunion qui s’est tenue au Rectorat pour présenter AFFELNET 2017. On y découvre :

  • la répartition des points par grands critères : 8 000 points pour le critère géographique, 8 000 pour le niveau scolaire et 4 000 pour le bonus boursier,
  • l’absence de modification des districts,
  • le calendrier des opérations,
  • la limitation du nombre de boursiers à 50 % par établissement,
  • la manière dont vont s’articuler les niveaux du socle de compétence et les notes. Cependant le lissage qui devrait s’opérer reste flou quant à ses modalités et ses effets.

Au final, une fois n’est pas coutume, la FCPE est assez critique vis à vis du Rectorat, découvrant les travers d’un système qu’elle a largement contribué à mettre en place et dont nous dénonçons les dérives, avec d’autres, depuis plusieurs années.

Un espoir toutefois : la FCPE rappelle en conclusion le droit de chaque élève « à avoir un bon lycée prés de chez lui » ce qui était loin de ses revendications initiales sur ce dossier. Ce faisant, les logiques de district et de mixité sociale sont mises en retrait au profit de la proximité géographique et de la mixité scolaire. C’est encourageant !

Cela nous laisse espérer une évolution profonde des modalités d’affectation des collégiens en classe de seconde à Paris. Ce ne sera pas pour cette année, peut-être pour 2018. Rien n’est sûr car, comme le souligne fort justement la FCPE et l’ensemble des acteurs, les données sont de plus en plus complexes et les enjeux politiques également.

 

Partagez, alertez.

Restons vigilants.

Ne subissons plus, agissons !

 

Posté par parentscitoyens à 15:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

19 mars 2017

Le Printemps arrive, les modalités 2017 d’AFFELNET à Paris se font attendre

La saison 2017 d'AFFELNET à Paris arrive avec son lot d'incertitudes, de suspense et de stress pour les parents comme pour les collégiens.

Pour un rappel des épisodes précédents, Le Figaro publie une mise en perspective qui a le mérite de présenter clairement une situation complexe et de proposer un état des enjeux de l'utilisation de l'outil par le Rectorat de Paris.
Si vous nous suivez régulièrement, vous ne découvrirez (malheureusement ?) rien.
Si vous nourrissiez le secret espoir que la raison et le bon sens finiraient par s'imposer, vous serez déçu.

A noter : les infographies très réussies directement inspirées du travail réalisé par le Collectif des Parents de l'Est Parisien.

Après cette mise en bouche, il faudra patienter jusqu'à fin mars pour connaître (peut-être), le scénario officiel des affectations 2017 des collégiens de 3ème en classe de seconde.

Partagez, alertez.
Mobilisons-nous appeler le Rectorat à son bon sens.
Ne subissons plus, agissons!

Posté par parentscitoyens à 16:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

22 janvier 2017

AFFELNET 2017 : Une année supplémentaire perdue ?

L’équipe du Rectorat de Paris a été renouvelée à la rentrée 2016. Le nouveau Recteur a remplacé ses directeurs académiques. Nous avons un instant cru que la nouvelle équipe, forte du soutien politique, allait enfin s’attaquer au dossier des affectations des collégiens aux lycées à Paris.

Nous avons commenté le résultat décevant de son implication sur le dossier.

D’après nos informations, la suite confirmerait hélas nos premières impressions. Restons au conditionnel car aucune décision n’est encore officielle et nous avons vu l’année dernière comment une décision même officielle peut être remise en cause jusqu’à la dernière minute.

Pour les affectations 2017, aucun changement majeur n’est annoncé dans les principes d’affectation des collégiens en classe de 2nde. Nous retrouverions donc :

- la transformation de la maîtrise des compétences en points (nous y revenons plus bas) ;

- le bonus attribué pour un choix d’établissement dans son district d’origine ;

- l’ouverture de quelques établissements du district Sud (13ème et 14ème arrondissement) aux élèves du district Est mais sans leur affecter la totalité du bonus lié au choix d’un établissement dans leur district ;

- le bonus attribué aux élèves boursiers.

 

Quelques commentaires de ces « évolutions ».

Concernant la transformation de la maîtrise des compétences en point, cela pourrait prendre la forme suivante.

Les 8 composantes du socle scolaire en fin de cycle 4 donnent au maximum 400 points :

1) les méthodes et outils pour apprendre ;

2) la formation de la personne et du citoyen ;

3) les systèmes naturels et les systèmes techniques ;

4) les représentations du monde et l'activité humaine.

Les langages pour penser et communiquer se divisent en 4 sous-parties qui forment les 4 dernières composantes :

5) comprendre, s'exprimer en utilisant la langue française à l'écrit et à l'oral ;

6) comprendre, s'exprimer en utilisant une langue étrangère et, le cas échéant, une langue régionale (ou une deuxième langue étrangère) ;

7) comprendre, s'exprimer en utilisant les langages mathématiques, scientifiques et informatiques ;

8) comprendre, s'exprimer en utilisant les langages des arts et du corps.

Pour chacune de ces composantes, la répartition des points serait la suivante :

- maîtrise insuffisante 10 points

- maîtrise fragile 25 points

- maîtrise satisfaisante 40 points

- maîtrise très satisfaisante 50 points

A ces points, s’ajouteraient des points liés au bilan périodique effectués dans 7 champs disciplinaires : français, mathématiques, histoire-géographie, sciences, langues, arts, éducation physique et sportive. 112 points au maximum seraient répartis selon :

- objectifs non atteints 3 points

- objectifs partiellement atteints 8 points

- objectifs atteints 13 points

- objectifs dépassés 16 points

Nous ne reviendrons pas sur le fait de supprimer les notes en classe tout en attribuant des points d’affectation en fin d’année, ni sur le risque de devoir départager par tirage au sort des élèves qui auraient un nombre de points identiques.

 

Les points de « bilan périodique » méritent plusieurs réflexions.

Les points seront répartis selon le degré d’atteinte d’objectifs. Nous retrouvons là un vocabulaire managérial bien connu en entreprise. Appliqué à l’univers scolaire, qui plus est à des collégiens de 13 à 14 ans maximum, ce mode de fonctionnement a de quoi surprendre. Aurons-nous des entretiens annuels pour déterminer les objectifs ? Des entretiens semestriels ou trimestriels pour les évaluer ? Pour pousser le parallèle : en entreprise, les objectifs sont théoriquement négociés entre le salarié et son manager (ou tout au moins discuté). Qui va déterminer et discuter les objectifs pour nos enfants ?

Concernant l’accessibilité affichée de certains lycées du district Sud au élèves du district Est. Nous nous sommes déjà interrogé sur la pertinence de cette décision (cf billet). Diminuer le nombre de points si une demande est faite dans un de ces établissements prétendument accessible perd tout son sens. Où est l’ouverture ? Qui prendra le risque de formuler un vœu pour un établissement qui diminue son nombre de points global ? Si cette idée va à son terme, il s’agit d’une belle mascarade pour faire croire à une évolution qui n’a pas lieu.

Concernant le bonus attribué aux élèves boursiers.

Il ne changerait pas mais il y aurait une « iso-répartition » des élèves au sein des établissements du district.

 Deux informations : « iso-répartition » signifie nombre d’élèves ou pourcentage d’élèves (la nuance est de taille) identique au sein des lycées ; les lycées concernés sont ceux du district. Aucune ouverture sur ce plan, aucune possibilité de casser le déséquilibre pointé du doigt dans les analyses réalisées par le Collectif des parents de l’Est Parisien.

Une année supplémentaire perdue

Si les décisions en restent là, c’est une nouvelle année de plus perdue pour voir les affectations AFFELNET évoluer dans un sens plus favorable à la scolarité sereine de nos enfants.

Les démarches initiées par le Recteur nouvellement nommé et son équipe risquent de faire une situation déjà tendue. Quelques sparadraps pour contenter les lobbies à la manœuvre ne règleront pas le fond du problème.

Une nouvelle réunion au Rectorat avec les Fédérations de parents d’élèves (FCPE et PEEP) et les proviseurs ou leurs représentants est prévu durant la 2ème quinzaine de janvier. Compte tenu des délais très courts d’information des familles et des élèves, tout laisse à penser que les décisions sont déjà prises sans véritable réflexion profonde, ni concertation.

 

Chaque année qui passe prolonge encore un peu plus une situation ubuesque qui nuit à la sérénité scolaire de nos enfants.

Mobilisons-nous, dénonçons ces (non-)projets.

Ne subissons plus, agissons !

 

Posté par parentscitoyens à 09:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

19 janvier 2017

AFFELNET 2017 : Lettre au Rectorat

Nous avons joint notre soutien à la démarche du Collectif de Parents d’Elèves de l’Est parisien.

Un courrier (Affelnet2017_Lettre_au_Rectorat) reprenant les principales critiques d’AFFELNET à Paris et nos propositions a été adressé à Mme Mercier-Benhamou directrice académique en charge des lycées. Une copie a notamment été adressée au Recteur ainsi qu’à un certain nombre de relais d’opinion politique et médiatique pour partager l’information et l’inaction du Rectorat concernant une situation dont on sait depuis plusieurs années qu’elle est génératrice de stress et de détérioration des conditions de travail pour les collégiens.

 

Le courrier est accompagné de 2 schémas (Affelnet2017_Annexes) très éclairants sur les conséquences de l’utilisation d’AFFELNET à Paris :

- le premier montre visuellement la répartition des élèves boursiers dans les établissements de la capitale. Le déséquilibre que nous signalons depuis plusieurs années entre le district Est qui accueille 31,3 % d’élèves boursiers et les autres (12,2 % dans le district Ouest par exemple) apparaît de manière flagrante ;

- le second montre la part d’élèves de 3ème non boursier qui, au sein de chaque district, a obtenu son premier vœu d’affectation. Là encore, le déséquilibre est criant entre 31 % dans l’Est parisien contre 73 % dans le district Ouest.

Il n’est plus possible de contester la réalité des faits objectifs.

Qu’attendent encore le Rectorat et ses partenaires pour agir et prendre le dossier à bras le corps ?

Chaque année qui passe prolonge encore un peu plus une situation ubuesque qui nuit à la sérénité scolaire de nos enfants.

 

Mobilisons-nous, dénonçons cet immobilisme.

Ne subissons plus, agissons !

Posté par parentscitoyens à 22:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


16 janvier 2017

AFFELNET 2017 : il est urgent d’attendre !

Semblant tenir compte des critiques qui ont entouré le cru 2016 des affectations des élèves de 3ème en classe de 2nde à Paris (cf billets sur Turgot), le Rectorat de Paris a organisé plusieurs réunions sur le sujet AFFELNET en novembre et décembre 2016. La fin de l’année semblait annoncer de belles perspectives. Hélas, quelle déception !

Nous n’étions pas invité à cette réunion mais les Fédérations PEEP et FCPE ont rédigé des comptes-rendus. Celui de la FCPE est en ligne sur son site internet.

Nous apprenons ainsi que :

- le nouveau directeur de l’Académie de Paris, Monsieur Jean-Michel Coignard, a reconnu la nécessité de remettre à plat le fonctionnement d’AFFELNET à Paris… mais pour 2018 !

- pour 2017, il s’agit d’éviter la reproduction de ce qui s’est produit à Turgot. En clair : éviter les vagues et « sécuriser la procédure » : Les affectations en classe de seconde respecteront donc les principes suivants :

- le niveau scolaire,

- le critère géographique (600 points pour les collégiens qui choisissent un lycée de leur district)

- le critère social (un bonus boursier de 300 points) avec une « iso-répartition » (nouveau mot dans le vocabulaire du Rectorat… définition non précisée) par district,

- un blocage des affectations d’élèves boursiers au-delà de 50% sur un établissement.

Concernant le niveau scolaire, le Rectorat semble oublier que les notes sont vouées à disparaître des bulletins scolaires au collège. Comment sera donc évalué le « niveau scolaire » ? Qu’à cela ne tienne, le Rectorat propose de faire correspondre un niveau de compétence à un barème de points. En clair, de noter les élèves en fonction des appréciations des enseignants. Jetons les notes par la porte, elles reviennent par la fenêtre !

La notation ne sera plus portée par les enseignants mais par les chefs d’établissements qui convertiront la maîtrise du socle commun en points (10, 25, 40 ou 50 points) selon le niveau de maîtrise. Au delà de l’absurdité de la démarche, le risque statistique existe que des élèves se retrouvent à égalité en nombre de points. Comment les départager ?

Le tirage au sort, outil ultime utilisé pour l’affectation des bacheliers dans certaines filières ou encore des jeunes enfants dans les conservatoires de la Ville de Paris, semble promis à un bel avenir pour affecter les collégiens en classe de 2nde. N’est-ce pas un bel aveu d’incompétence ?

Concernant le critère géographique, le Rectorat propose d’assouplir le découpage des districts. N’allons pas croire que nous avons été entendus. Point du tout. Il s’agit simplement de permettre aux élèves du district Est de formuler des vœux pour des établissements situés dans les 13ème et 14ème arrondissement. Pourquoi ceux-là ? Pour quelle raison uniquement ceux-là ? Pas de réponse proposée.

 

Le constat d’échec de l’utilisation d’AFFELNET à Paris et la nécessité de le faire évoluer semble maintenant partagé par l’ensemble des acteurs : les Fédérations de parents d’élèves, les associations de parents, les collégiens et leurs parents, les chefs d’établissements (si on en croit le compte rendu de la FCPE) et le Rectorat qui a tenté l’année dernière de remédier à la situation avant d’être bloqué par la FCPE.

Au lieu de s’attaquer sérieusement au dossier, le Rectorat réactive un Comité mis en sommeil depuis 3 ans pour proposer des aménagements anecdotiques qui, sans régler la situation, risquent de la rendre encore plus incompréhensible par l’ensemble des acteurs. Le niveau d’insatisfaction risque d’atteindre de nouveaux sommets. Est-ce la le but recherché de manière machiavélique pour imposer de nouvelles modalités d’affectation que chacun accueillera comme la solution miracle tant espérée en 2018 ?

Et nos enfants dans tout ça ? Pourrions-nous envisager que le Rectorat s'intéresse à la mise en place des conditions de leur réussite scolaire ? Dotation horaire, moyens complémentaires, affectation des enseignants, personnel de surveillance... tous ces éléments participent au bien-être et à la réussite des élèves.

 

Maintenir et complexifier un système générateur d'incertitude et de stress ne nous semble pas aller dans ce sens.

Mobilisons-nous, dénonçons ces réflexions.

Ne subissons plus, agissons !

 

 

Posté par parentscitoyens à 22:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

22 septembre 2016

Au secours, AFFELNET est de retour !

En dépit des critiques qui ont entouré le cru 2016 des affectations des élèves de 3ème en classe de 2nde à Paris (cf nos billets sur les affectations au lycée Turgot), le Rectorat envisage d'étendre l'utilisation de l'outil à l'affectation des élèves de CM2 en classe de 6ème. 

Ce projet fait déjà parler de lui et suscite interrogations et inquiétudes de la part des parents comme des enseignants et des chefs d'établissement.

Le Monde du 12 septembre 2016 y consacre 2 articles :

Le Figaro publie également un article le même jour sur le même sujet : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/09/12/01016-20160912ARTFIG00112-les-ecoliers-parisiens-affectes-dans-les-colleges-sur-criteres-sociaux.php

Le Recteur affirme que les « temps de transport » seront pris en compte. Lorsqu'on constate la manière dont ils sont pris en compte pour l'affectation des élèves de 2nde cette promesse ne semble pas crédible.

Si elle voit le jour, cette mesure orientera encore davantage d'élèves vers les établissements privés de la capitale. Renforçant ainsi la ségrégation sociale que l'outil doit théoriquement redresser !

Plutôt que d'imaginer de nouvelles modalités d'affectation des élèves dans les établissements scolaires, pourrions-nous envisager que le Rectorat s'intéresse à la mise en place des conditions de leur réussite scolaire ? Dotations horaires, moyens complémentaires, affectation des enseignants, personnel de surveillance... tous ces éléments participent au bien-être et à la réussite des élèves. Quand le Rectorat se décidera t'il à nous en parler ?

Étendre un système générateur d'incertitude et de stress ne nous semble pas aller dans le bon sens.

Mobilisons-nous, dénonçons ces projets.
Ne subissons plus, agissons!

Posté par parentscitoyens à 22:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

12 juillet 2016

Où sont affectés les élèves boursiers du district Paris-Est ?

La fin d'année des élèves de 3ème a été perturbée par l'annonce puis le retour en arrière concernant la mise en place d'un plafonnement par lycée du nombre d'élèves boursiers lors des affectations en classe de 2nde.

Nous y avons consacré plusieurs billets :

A ce jour, nous n'avons pas connaissance d'une quelconque communication officielle du Rectorat de Paris sur le sujet.

En revanche, les différentes informations obtenues concernant l'affectation des élèves boursiers au sein de quelques établissements du district Paris-Est appellent quelques commentaires.

 

Part des élèves boursiers affectés en classe de 2nde dans quelques établissements parmi les plus demandés :

Année

2015

2016

Hélène Boucher

40%

32%

Charlemagne

46%

38%

Sophie Germain

52%

32%

Turgot

40%

82%

 

Les affectations à Turgot ont fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. L’administration du lycée, les enseignants, les parents d'élèves se mobilisent pour dénoncer une situation « inique » contraire au principe même de mixité sociale que l'utilisation d'AFFELNET devrait normalement garantir.

 

Quelques réflexions sur cette situation et l'évolution de la part des élèves boursiers dans certains établissements.

  1. Nous avions relevé, avant l'éclatement de « l'affaire Turgot », qu'aucun élève du collège Charlemagne n'était affecté au lycée Turgot contre 1 l'année dernière et 10 en 2014. La tendance détectée les années précédentes s'est confirmée. Le lycée Turgot semble posséder un statut à part. L'anomalie des affectations de cette année confirme ce statut mais, compte tenu des réactions suscitées par cette nouvelle, il semble qu'il n'ait pas été partagé ni sur sa nature, ni sur ses objectifs !

  2. L'anomalie des affectations au lycée Turgot confirme que l'outil AFFELNET n'agit pas sans contrôle ni sans relecture de la part du Rectorat. Autrement dit, l'outil propose des affectations que le Rectorat confirme ou infléchit. D'autres anomalies ont été relevées pour les affectations 2016 on peut imaginer que le Rectorat n'y est pas étranger. Par conséquent, il est faux de se retrancher derrière un algorithme pour justifier les affectations des enfants de 3ème. D’autres considérations entrent en ligne de compte. Lesquelles ? Aucune réponse du Rectorat.

  3. Sur les 4 établissements pour lesquels nous avons réussi à obtenir l'évolution de la part des élèves boursiers au sein des affectations en classe de 2nde, on constate que pour trois lycées, le taux diminue entre 8 et 20 points alors qu’il double pour le lycée Turgot. Il semblerait que tous les établissements ne soient pas égaux devant AFFELNET ou que certains soient plus égaux que d'autres !

  4. Cette évolution du taux d'élèves boursiers interroge sur la mise en place discrète d'un plafonnement de leur nombre au sein de certains établissements. Tous n'ont pas eu le même plafonnement mais force est de constater que certains établissements ont, en partie, obtenu ce qu'ils demandaient (même si on est loin des 24% un temps envisagés) dans un souci d'équilibre des populations du lycée et de respect de la mixité sociale.
  5. Le Rectorat de Paris affirme utiliser AFFELNET pour promouvoir la mixité sociale. Mais quel sens le Rectorat donne-t-il à la mixité sociale quand il valide les affectations de cette année dans les quelques établissements étudiés ?

  6. Cyniquement, on pourrait imaginer que le Rectorat a choisi volontairement un établissement du centre de Paris pour concentrer un maximum d'élèves boursiers qui souhaitent rejoindre un lycée doté d'une bonne réputation dans le centre de Paris. De cette façon, il satisfait les demandes de parents tout en répondant aux attentes de certains établissements de réduire leur taux d'élèves boursiers. Une manière habile d'acheter la paix scolaire et sociale.

  7. Machiavélique, le Rectorat a peut-être laissé faire pour montrer les limites de l'outil afin de mieux déclencher sa refonte dans les prochains mois. Au détriment d’une promotion d’élèves de 2nde. Etait-ce bien nécessaire ? Les limites du système sont connues. Nous les relevons chaque année et proposons des solutions régulièrement. Le Rectorat et les Fédérations de Parents d'élèves s'arrangent de cette situation au détriment de l'intérêt, du bien-être et de la scolarité des enfants.

 

Mixité sociale un jour, mixité sociale toujours ?

C’est LA question à laquelle le Rectorat n’apporte aucune réponse et se refuse à tous commentaires.

Nous commençons, par recoupement, à réunir quelques informations.

  1. Chaque année, les lycées les plus demandés par les élèves boursiers accueillent une part non négligeable d’élèves dont le niveau scolaire est faible. Les moyennes de ces élèves, autour de 10 à 11, sont inférieures (jusqu'à 6 à 7 points) à celles des autres élèves de 2nde qui y sont affectés . Il est donc faux d’affirmer que seuls les meilleurs élèves boursiers intègrent les lycées les plus demandés.

  2. Par conséquent à l’issue de la seconde, chaque année ce sont entre 20 et 30 élèves qui sont en difficulté scolaire. Certains vont redoubler dans leur lycée ou dans un autre, d’autres vont être orientés vers un lycée technologique. Pour 80% d’entre eux, ce sont des élèves boursiers.

  3. Pour beaucoup, ces élèves étaient de bons élèves dans leur collège d’origine. Pour certains, ils ont même obtenu les félicitations en classe de 3ème. Quelle déception ! Quel échec !

  4. Une bonne part des élèves boursiers affectés en 2nde quittent alors l’établissement. Ils « libèrent » des places d’accueil qui permettent aux proviseurs de « choisir » de nouveaux élèves correspondant davantage à leurs attentes à l'entrée en classe de 1ère.

 

4 commentaires :

  • La mixité sociale au sens de l’utilisation d’AFFELNET par le Rectorat de Paris ne dure véritablement qu’une année dans la plupart des lycées (lycée Turgot mis à part).

  • Les « arrangements » de recrutement d’élèves ne s’effectuent plus pour la classe de 2nde mais se mettent en place pour la classe de 1ère.

  • L’absence d’accompagnement pédagogique des élèves les plus faibles affectés dans des établissements très demandés ne leur permet pas de rattraper leur retard tant au plan scolaire qu’au plan des méthodes ou de la capacité de travail.

  • AFFELNET suscite de l'espoir chez beaucoup d'élèves et leurs parents. Il les déçoit très vite pour beaucoup d'entre eux. AFFELNET génère ensuite des échecs scolaires et des réorientations forcées. Tout le contraire de la mission bienveillante qu'on pourrait attendre de l’Éducation nationale.

 

Au scandale des affectations d’AFFELNET s’ajoute un scandale pédagogique et social. Contre toute évidence, le Rectorat laisse croire que tous les élèves peuvent accéder à n’importe quel lycée et y suivre une scolarité sans heurt. C’est évidemment faux. Les données le montrent. Cela pourrait peut-être devenir une réalité si une politique volontariste de soutien pédagogique aux élèves les plus faibles était mise en place. Ainsi à cette condition, le lycée comme ascenseur républicain pourrait effectivement fonctionner.

AFFELNET semble davantage utilisé par le Rectorat de Paris pour gérer la pénurie de moyens plus que pour promouvoir véritablement la mixité sociale.

Pour rappel : le nombre de places en 2nde générale et technologique dans le district Paris-Est est insuffisant au regard du nombre d'élèves (40% des élèves pour 30% des places en classe de seconde à Paris) et le nombre d'élèves boursiers y est plus important que dans les autres districts.

De son côté, le Rectorat continue d’entretenir l’opacité la plus complète autour du dispositif d’affectation et ne se préoccupe aucunement du devenir des élèves boursiers au-delà de leur année de 2nde.

 

Cette situation ne peut plus durer.

Mobilisons nous.

Ne subissons plus, agissons !

Posté par parentscitoyens à 22:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

08 juillet 2016

Les élèves boursiers au lycée Turgot, la presse unanime pour souligner les ratés d'AFFELNET

Depuis l'article du Figaro, plusieurs articles reviennent sur l'affectation de plus de 80% d'élèves boursiers au lycée Turgot.

Le 4 juillet, Libération (Liberation_4juillet2016_Le_petit_frere_dAPB_aussi_mysterieux) compare AFFELNET à APB (le logiciel d'affectation des bacheliers). L'opacité et les ratés d'AFFELNET sont pointés du doigt. Les incohérences du Rectorat de Paris au regard de la mixité sociale sont nettement critiquées.

Le 6 juillet, Le Parisien (Le_Parisien_6juillet2016_83__de_boursiers_au_lycee_Turgot) évoque le « favoritisme » dont bénéficient les élèves boursiers. L'article dénonce le ghetto construit au lycée Turgot. La FCPE Paris critique cette « situation inacceptable » mais le journaliste rappelle que c'est sous la pression de la même FCPE Paris que le plafonnement d'élèves boursiers par établissement a été abandonné au printemps.

Le 7 juillet,L'Obs (L_Obs_7juillet2016_Turgot_le_prix_de_la_bonne_reputation) critique l'« aberration sociologique » que constituent ces affectations. De son côté, le Rectorat parle « d'homogénéité sociale ». On est bien loin du discours habituel sur la mixité sociale ! La FCPE Paris est à nouveau montrée du doigt pour s'être opposée à la mise en place d'un plafonnement de l'affectation des élèves boursiers au sein des établissements.

 

Nous espérons que ces articles relaieront les incohérences de la mise en œuvre d'AFFELNET par le Rectorat de Paris au-delà du cercle des parents, des élèves de 3ème et des lycées concernés.

 

N’hésitez pas à diffuser autour de vous.

L'information est la première étape de la mobilisation. Si vous avez connaissance d'autres articles n'hésitez pas à nous les transmettre. Nous les relaierons.

Ne subissons plus, agissons !

Posté par parentscitoyens à 23:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

06 juillet 2016

Affectations AFFELNET 2016, une loterie qui fait fuir de plus en plus d'élèves

Comme chaque année, nous avons interrogé les élèves du collège Charlemagne sur leur affectation AFFELNET. Le détail de l’enquête est consultable au bout de ce lien (Analyse_affectations_AFFELNET_2016_vD). Les principaux enseignements sont les suivants : 

Si les affectations des élèves ayant 16 ou plus de moyenne semblent s’opérer de manière relativement rationnelle, il n’en va pas de même pour la trentaine d’élèves (25% des collégiens de Charlemagne) dont les moyennes les situent aux alentours de 14,5 à 15,5.

L’effet « loterie » se renouvelle pour la deuxième année consécutive ce qui laisse penser que les résultats de l’utilisation de l’algorithme AFFELNET sont arrangés avant publication. 

Quelques éléments d’illustration de cette « loterie AFFELNET » :

  • Certains élèves sont affectés sur un 3ème ou 4ème vœu dans un établissement au sein duquel en théorie leur moyenne ne leur permettait pas d’accéder.

  • D’autres élèves vont obtenir leur 5ème ou 6ème vœu dans un établissement que rien ne laissait croire qu’ils auraient dû y être affectés.

  • Aucun élève affecté au lycée Turgot contre 1 l’année dernière et 10 en 2014.

  • Un élève à 14,5 de moyenne reçoit son 8ème vœu quand ceux qui sont affectés dans le même établissement l’avaient placé en 4ème, 5ème ou 6ème vœu.

  • Un élève non boursier qui a 15 de moyenne est affecté au lycée Charlemagne selon son 1er vœu alors que pour les autres élèves au moins 17 de moyenne est nécessaire. Cette affectation laisse penser que le favoritisme semble conserver quelques-unes de ses habitudes.

 

Depuis 3 ans, on constate que la part des collégiens de Charlemagne qui quittent le système pour échapper à AFFELNET augmente. Ils étaient 4% en 2014, 10% en 2015 et sont cette année près de 20%. Ce doublement chaque année depuis 3 ans montre que certains parents refusent de jouer à la loterie du Rectorat. Ils préfèrent éviter l’outil et rester maitre de la scolarité de leur enfant soit :

 

Plusieurs questions se posent :

  • Cette « loterie », particulièrement importante cette année, interroge sur la réalité de la mise en œuvre par le Rectorat de la formule de lissage des notes utilisée pour le classement académique des élèves. Cette formule a-t-elle été modifiée à l’insu de tous ? et particulièrement à l’insu des principaux concernés : élèves, parents et enseignants ?

  • Que signifient les notes attribuées par les enseignants quand on connaît leur importance dans l’affectation des élèves ?

  • Comment accompagne t’on pédagogiquement les élèves les plus faibles dans les établissements les plus exigeants qui sont aussi les plus demandés ?

  • Quelle est la proportion des élèves accueillis en classe de 2nde dans un lycée hors de leur quartier qui y poursuivent une scolarité sereine ?

  • Quelle est la pérennité de la « mixité sociale » au-delà de la classe de 2nde ? Cette politique est-elle partagée par tous les établissements ?

 

Autant de questions sans réponse du Rectorat qui continue à entretenir l’opacité du système, voire à manipuler les affectations sans concertation.

Diffusez, diffusons !

Ne subissons plus, agissons !

 

Posté par parentscitoyens à 22:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,