Semblant tenir compte des critiques qui ont entouré le cru 2016 des affectations des élèves de 3ème en classe de 2nde à Paris (cf billets sur Turgot), le Rectorat de Paris a organisé plusieurs réunions sur le sujet AFFELNET en novembre et décembre 2016. La fin de l’année semblait annoncer de belles perspectives. Hélas, quelle déception !

Nous n’étions pas invité à cette réunion mais les Fédérations PEEP et FCPE ont rédigé des comptes-rendus. Celui de la FCPE est en ligne sur son site internet.

Nous apprenons ainsi que :

- le nouveau directeur de l’Académie de Paris, Monsieur Jean-Michel Coignard, a reconnu la nécessité de remettre à plat le fonctionnement d’AFFELNET à Paris… mais pour 2018 !

- pour 2017, il s’agit d’éviter la reproduction de ce qui s’est produit à Turgot. En clair : éviter les vagues et « sécuriser la procédure » : Les affectations en classe de seconde respecteront donc les principes suivants :

- le niveau scolaire,

- le critère géographique (600 points pour les collégiens qui choisissent un lycée de leur district)

- le critère social (un bonus boursier de 300 points) avec une « iso-répartition » (nouveau mot dans le vocabulaire du Rectorat… définition non précisée) par district,

- un blocage des affectations d’élèves boursiers au-delà de 50% sur un établissement.

Concernant le niveau scolaire, le Rectorat semble oublier que les notes sont vouées à disparaître des bulletins scolaires au collège. Comment sera donc évalué le « niveau scolaire » ? Qu’à cela ne tienne, le Rectorat propose de faire correspondre un niveau de compétence à un barème de points. En clair, de noter les élèves en fonction des appréciations des enseignants. Jetons les notes par la porte, elles reviennent par la fenêtre !

La notation ne sera plus portée par les enseignants mais par les chefs d’établissements qui convertiront la maîtrise du socle commun en points (10, 25, 40 ou 50 points) selon le niveau de maîtrise. Au delà de l’absurdité de la démarche, le risque statistique existe que des élèves se retrouvent à égalité en nombre de points. Comment les départager ?

Le tirage au sort, outil ultime utilisé pour l’affectation des bacheliers dans certaines filières ou encore des jeunes enfants dans les conservatoires de la Ville de Paris, semble promis à un bel avenir pour affecter les collégiens en classe de 2nde. N’est-ce pas un bel aveu d’incompétence ?

Concernant le critère géographique, le Rectorat propose d’assouplir le découpage des districts. N’allons pas croire que nous avons été entendus. Point du tout. Il s’agit simplement de permettre aux élèves du district Est de formuler des vœux pour des établissements situés dans les 13ème et 14ème arrondissement. Pourquoi ceux-là ? Pour quelle raison uniquement ceux-là ? Pas de réponse proposée.

 

Le constat d’échec de l’utilisation d’AFFELNET à Paris et la nécessité de le faire évoluer semble maintenant partagé par l’ensemble des acteurs : les Fédérations de parents d’élèves, les associations de parents, les collégiens et leurs parents, les chefs d’établissements (si on en croit le compte rendu de la FCPE) et le Rectorat qui a tenté l’année dernière de remédier à la situation avant d’être bloqué par la FCPE.

Au lieu de s’attaquer sérieusement au dossier, le Rectorat réactive un Comité mis en sommeil depuis 3 ans pour proposer des aménagements anecdotiques qui, sans régler la situation, risquent de la rendre encore plus incompréhensible par l’ensemble des acteurs. Le niveau d’insatisfaction risque d’atteindre de nouveaux sommets. Est-ce la le but recherché de manière machiavélique pour imposer de nouvelles modalités d’affectation que chacun accueillera comme la solution miracle tant espérée en 2018 ?

Et nos enfants dans tout ça ? Pourrions-nous envisager que le Rectorat s'intéresse à la mise en place des conditions de leur réussite scolaire ? Dotation horaire, moyens complémentaires, affectation des enseignants, personnel de surveillance... tous ces éléments participent au bien-être et à la réussite des élèves.

 

Maintenir et complexifier un système générateur d'incertitude et de stress ne nous semble pas aller dans ce sens.

Mobilisons-nous, dénonçons ces réflexions.

Ne subissons plus, agissons !