L’équipe du Rectorat de Paris a été renouvelée à la rentrée 2016. Le nouveau Recteur a remplacé ses directeurs académiques. Nous avons un instant cru que la nouvelle équipe, forte du soutien politique, allait enfin s’attaquer au dossier des affectations des collégiens aux lycées à Paris.

Nous avons commenté le résultat décevant de son implication sur le dossier.

D’après nos informations, la suite confirmerait hélas nos premières impressions. Restons au conditionnel car aucune décision n’est encore officielle et nous avons vu l’année dernière comment une décision même officielle peut être remise en cause jusqu’à la dernière minute.

Pour les affectations 2017, aucun changement majeur n’est annoncé dans les principes d’affectation des collégiens en classe de 2nde. Nous retrouverions donc :

- la transformation de la maîtrise des compétences en points (nous y revenons plus bas) ;

- le bonus attribué pour un choix d’établissement dans son district d’origine ;

- l’ouverture de quelques établissements du district Sud (13ème et 14ème arrondissement) aux élèves du district Est mais sans leur affecter la totalité du bonus lié au choix d’un établissement dans leur district ;

- le bonus attribué aux élèves boursiers.

 

Quelques commentaires de ces « évolutions ».

Concernant la transformation de la maîtrise des compétences en point, cela pourrait prendre la forme suivante.

Les 8 composantes du socle scolaire en fin de cycle 4 donnent au maximum 400 points :

1) les méthodes et outils pour apprendre ;

2) la formation de la personne et du citoyen ;

3) les systèmes naturels et les systèmes techniques ;

4) les représentations du monde et l'activité humaine.

Les langages pour penser et communiquer se divisent en 4 sous-parties qui forment les 4 dernières composantes :

5) comprendre, s'exprimer en utilisant la langue française à l'écrit et à l'oral ;

6) comprendre, s'exprimer en utilisant une langue étrangère et, le cas échéant, une langue régionale (ou une deuxième langue étrangère) ;

7) comprendre, s'exprimer en utilisant les langages mathématiques, scientifiques et informatiques ;

8) comprendre, s'exprimer en utilisant les langages des arts et du corps.

Pour chacune de ces composantes, la répartition des points serait la suivante :

- maîtrise insuffisante 10 points

- maîtrise fragile 25 points

- maîtrise satisfaisante 40 points

- maîtrise très satisfaisante 50 points

A ces points, s’ajouteraient des points liés au bilan périodique effectués dans 7 champs disciplinaires : français, mathématiques, histoire-géographie, sciences, langues, arts, éducation physique et sportive. 112 points au maximum seraient répartis selon :

- objectifs non atteints 3 points

- objectifs partiellement atteints 8 points

- objectifs atteints 13 points

- objectifs dépassés 16 points

Nous ne reviendrons pas sur le fait de supprimer les notes en classe tout en attribuant des points d’affectation en fin d’année, ni sur le risque de devoir départager par tirage au sort des élèves qui auraient un nombre de points identiques.

 

Les points de « bilan périodique » méritent plusieurs réflexions.

Les points seront répartis selon le degré d’atteinte d’objectifs. Nous retrouvons là un vocabulaire managérial bien connu en entreprise. Appliqué à l’univers scolaire, qui plus est à des collégiens de 13 à 14 ans maximum, ce mode de fonctionnement a de quoi surprendre. Aurons-nous des entretiens annuels pour déterminer les objectifs ? Des entretiens semestriels ou trimestriels pour les évaluer ? Pour pousser le parallèle : en entreprise, les objectifs sont théoriquement négociés entre le salarié et son manager (ou tout au moins discuté). Qui va déterminer et discuter les objectifs pour nos enfants ?

Concernant l’accessibilité affichée de certains lycées du district Sud au élèves du district Est. Nous nous sommes déjà interrogé sur la pertinence de cette décision (cf billet). Diminuer le nombre de points si une demande est faite dans un de ces établissements prétendument accessible perd tout son sens. Où est l’ouverture ? Qui prendra le risque de formuler un vœu pour un établissement qui diminue son nombre de points global ? Si cette idée va à son terme, il s’agit d’une belle mascarade pour faire croire à une évolution qui n’a pas lieu.

Concernant le bonus attribué aux élèves boursiers.

Il ne changerait pas mais il y aurait une « iso-répartition » des élèves au sein des établissements du district.

 Deux informations : « iso-répartition » signifie nombre d’élèves ou pourcentage d’élèves (la nuance est de taille) identique au sein des lycées ; les lycées concernés sont ceux du district. Aucune ouverture sur ce plan, aucune possibilité de casser le déséquilibre pointé du doigt dans les analyses réalisées par le Collectif des parents de l’Est Parisien.

Une année supplémentaire perdue

Si les décisions en restent là, c’est une nouvelle année de plus perdue pour voir les affectations AFFELNET évoluer dans un sens plus favorable à la scolarité sereine de nos enfants.

Les démarches initiées par le Recteur nouvellement nommé et son équipe risquent de faire une situation déjà tendue. Quelques sparadraps pour contenter les lobbies à la manœuvre ne règleront pas le fond du problème.

Une nouvelle réunion au Rectorat avec les Fédérations de parents d’élèves (FCPE et PEEP) et les proviseurs ou leurs représentants est prévu durant la 2ème quinzaine de janvier. Compte tenu des délais très courts d’information des familles et des élèves, tout laisse à penser que les décisions sont déjà prises sans véritable réflexion profonde, ni concertation.

 

Chaque année qui passe prolonge encore un peu plus une situation ubuesque qui nuit à la sérénité scolaire de nos enfants.

Mobilisons-nous, dénonçons ces (non-)projets.

Ne subissons plus, agissons !